Accueil > L’Association > Contribution > 1993-2010 : La descente aux enfers est-elle terminée ?

puce1993-2010 : La descente aux enfers est-elle terminée ?

Un document élaboré à l’attention des élus de l’association de défense du "Cévenol", ainsi que plusieurs articles parus dans la presse ferroviaire spécialisée, permettent de comprendre l’histoire de la longue descente aux enfers de la Ligne des Cévennes, orchestrée à partir des années quatre-vingt-dix par la SNCF. En effet, une politique purement basée sur la forte rentabilité financière a inéluctablement abouti au démantèlement d’une partie du réseau ferroviaire français y compris en ce qui concerne des axes ferroviaires dont le potentiel est loin d’être négligeable, comme la tangentielle Paris - Nîmes par Clermont-Ferrand.

Pour augmenter ses performances, cet axe aurait nécessité un fonctionnement adapté à sa spécificité et une refonte des horaires proposés, car l’arrivée du TGV entre Paris et Lyon en 1981 puis jusqu’à Nîmes progressivement n’explique pas tout !

Ainsi on a laissé volontairement se dégrader l’infrastructure de la section montagneuse située entre Langeac et Alès en ne réalisant pas l’entretien courant jusqu’au point de non retour fin 2008 (date de fermeture programmée du tronçon Langeac – Langogne, évitée de justesse), et en décidant dans le même temps de réduire l’offre pour la rendre squelettique et peu fiable. Certaines relations ont été supprimées sans préavis (comme le train de nuit fin 2003) et sans autre forme de procès, sous le sempiternel prétexte "d’insuffisance de fréquentation". Au lieu de mener une étude sérieuse sur les besoins des voyageurs empruntant cet axe très particulier et d’enquêter sur les vraies raisons de la désaffection "forcée" des usagers, ce sont, au contraire, toutes les astuces techniques et commerciales qui ont été utilisées pour dissuader les niches de clientèle potentielles de pouvoir accéder à une desserte de qualité.

Pourtant, des avancées significatives ont été obtenues depuis décembre 2010, suite au combat mené sans relâche par les élus de l’association et la mobilisation permanente des adhérents lors des rassemblements populaires. Voir les articles "Enfin le retour du fret !" et "Desserte & horaires 2011 : Plusieurs améliorations".

Mais rien n’est encore gagné pour péréniser une situation stable à long terme, car suite à la signature d’une convention, entre l’État (via le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement) et la SNCF permettant le maintien de 40 "Trains d’Équilibre du Territoire" dont Le « Cévenol », on apprend dans une annexe du document que son parcours serait limité à Nîmes dès 2012 au lieu de Marseille, que la réservation des places assises est toujours impossible, que l’accès des personnes handicapées et des vélos à bord n’est pas prévu et qu’en cas de grève la continuité de service, conformément à la loi du 21 août 2007, ne serait pas assurée… D’autre part cet engagement n’est prévu que pour une durée de 3 ans.

JPEG - 301.5 ko
"La Vie du Rail" - 6 octobre 2010
PDF - 544.7 ko
"Objectif Rail" n°31 - 02/2009
PDF - 670.5 ko
Ligne des Cévennes - Mesures SNCF 1993-2010